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Ethereum, l’acteur principal de la désintermédiation

Par Jérôme de Tychey (ConsenSys)
Ethereum, l’acteur principal de la désintermédiation 101
Photo: iStock / Natali_Mis

Les géants du web ont changé à jamais nos vies avec des services qui facilitent radicalement notre quotidien. Il n’y a qu’à faire l’expérience de leur absence à des moments aussi banals que de chercher son chemin, prendre des nouvelles de ses proches ou vérifier la durée cuisson des haricots verts. Pourtant ces entreprises fonctionnent toutes ou presque selon une organisation monopolistique se positionnant toujours un peu plus en intermédiaire inévitable. Au fil du temps, ces entreprises ont affirmé leurs positions grâce à un accès incontesté à des gisements de données qu’elles ont elles-mêmes constitué et à un savoir-faire inégalé dans leur exploitation. C’est là tout le nœud du problème qui se pose aujourd’hui pour les usagers de ces services comme pour les entreprises qui en dépendent.

Le passage du Web 2.0 (l’internet de la communication) au Web 3.0 (l’internet désintermédié) contribuera à dépasser ces logiques centralisatrices. La blockchain est une technologie portée par la décentralisation comme conviction et permet de désintermédier les communications. Grâce à elle, l’utilisateur peut être en contrôle de son identité en ligne, de son expérience ainsi que de ses données.

L’avènement des plateformes ouvertes, du logiciel libre et du développement collaboratif, est une formidable opportunité pour passer du “Don’t be evil”, la célèbre devise du Google (“Ne soyez pas malveillants”) à “Can’t be evil” (“Ne peut pas être malveillant). Le code source vérifiable, la collaboration et le partage dans l’entraînement des algorithmes peuvent devenir la norme faisant des outils informatiques qui en résultent des biens publics. Les données en particulier sont d’ores et déjà un bien partageable, capable de générer de la valeur pour le plus grand nombre.

Ethereum, une technologie de nouvelle génération

Alors que Bitcoin a introduit une nouvelle façon de concevoir la monnaie au sein d’un registre infalsifiable, la blockchain se veut également une nouvelle façon de concevoir le logiciel. En 2014, une nouvelle plateforme blockchain a été créée et baptisée Ethereum. Cette plateforme s'est inspirée du fonctionnement de Bitcoin tout en le diversifiant et en augmentant sa programmabilité.

Ethereum est aujourd’hui considéré comme une technologie de base de données de nouvelle génération et comme la référence pour l’innovation avec la blockchain. Une alternative aux solutions existantes est désormais possible tout en restant ergonomique et résiliente. Des milliers de startups ont choisi de développer des applications nouvelle génération sur Ethereum. La différence tient au fait que ces applications font une place large au code source ouvert et donc auditable, à la protection de la vie privée dès la conception et surtout à l’indépendance de toute infrastructure centralisée. Cette dernière caractéristique est souvent abrégée en invoquant la décentralisation sans préciser ce que cela implique pour une infrastructure de base de données partagée. Aucun groupe ne peut raisonnablement s’accaparer le contrôle des mises à jour de la base et réciproquement, la participation au processus de mise à jour est libre et sans barrière à l’entrée. Ethereum permet à tous d’écrire, de lire et de prendre part au processus d’enregistrement de ce qui caractérise un ordinateur mondial.

L’alternative offerte par les applications décentralisées

Les applications décentralisées, ou « dapps », sont en tous points similaires aux applications auxquelles les utilisateurs sont habitués sur leur ordinateur ou leur smartphone, mais l'architecture des dapps repose sur la technologie collaborative de la blockchain. Elles offrent ainsi à la fois une sécurité maximale et la préservation de la vie privée. La forme est donc préservée, mais le fond diffère.

L'interaction avec une dapp ne nécessite pas le recours à un fournisseur d’identité tiers. En contrôle total de son identité numérique, l’utilisateur a le choix de partager de son plein gré ses données selon le principe que tant qu’il n'a pas dit "oui", c'est "non". Ethereum permet en outre de rémunérer directement ces individus consentants pour leurs données, c’est le cas du navigateur open source Brave et de ses 8 millions d’utilisateurs. Consentement et code source ouvert, sont les piliers de l’internet décentralisé.

Les dapps offrent également d’autres avantages :

  • Un excellent niveau de service et une disponibilité permanente
  • La résistance à de nombreuses attaques informatiques
  • Le paiement en actifs numériques
  • La transparence dans le contenu des mises à jour

Vers une nouvelle transformation numérique des systèmes d’information

Une quantité incommensurable de données et de capital repose actuellement sur des technologies vieillissantes et peu interopérables. Il ne suffit pas de compléter les systèmes existants avec un peu de blockchain disséminée ici et là. Les défis portés par les inquiétudes légitimes sur les données tant au niveau individuel qu’industriel nécessitent une rénovation en profondeur des systèmes d’information.

Ethereum progresse plus rapidement que toutes les autres blockchains et est suffisamment mature pour accompagner des stratégies ambitieuses de transformations numériques. De nombreuses entreprises ont déjà mis le cap sur la désintermédiation avec Ethereum pour accompagner leur croissance et défendre leurs parts de marché tout en offrant à leurs clients un avenir autrement plus équitable. Et vous?

Ce texte est signé Jérôme de Tycheyest, directeur chez ConsenSys Solutions et président d'Ethereum France.

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