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La blockchain, un outil d’anonymisation et de protection des données biométriques

Par Florian Bourguin
La blockchain, un outil d’anonymisation et de protection des données biométriques 101
Photo: Pixabay / mmi9

Voici un entretien avec Xavier Zaoui diplômé du Centre de Recherches Interdisciplinaires (CRI), docteur en biotechnologies et consultant à l’UNESCO sur la gouvernance des données.

Monsieur Zaoui, pourriez-vous nous parler des enjeux présents autour de la protection des données et de vos recherches et réflexions actuelles sur ce sujet ?
Vous n’êtes pas sans savoir que la pandémie COVID-19 a remis en lumière les questions de protection des données, et ce notamment dans un contexte d’urgence sanitaire. Certes réajustées, les anciennes problématiques soulignent toujours les mêmes ambivalences ; devrions-nous privilégier les services, la sécurité et la protection des citoyens (ou usagés) au détriment du droit à l’anonymat et au profit d’une surveillance accrue ? Au demeurant, rien n’indique que l’un doive nécessairement se substituer à l’autre. En d’autres termes, il est techniquement possible de bénéficier de services sanitaires accrus tout en protégeant l’identité et la vie privée des patients, citoyens ou usagés.

Avec Jean Langlois-Berthelot nous avons amorcé une réflexion exploratoire en 2019 sur les potentiels usages de la Blockchain pour des usages médicaux et humanitaires. Langlois-Berthelot avait présenté des éléments sur la partie humanitaire de ce sujet au Caire au sein du CEDEJ (un organisme de recherche du MEAE) début 2019. Nous avons décidé de lier nos énergies et certaines de nos conclusions ont été discutées avec des diplomates. L’écho est assez positif dans l’ensemble. Nous avons également abordé ce sujet au sein du think tank Le Cercle K2 lors d’une conférence. Les échos furent aussi très positifs. La Blockchain est fondée sur le recensement décentralisé d’une chaîne d’interactions et chacune de ces interactions qui est opérée entre deux utilisateurs de ce service se voit répertoriée comme pièce intégrante (et quasi inamovible) d’une chaîne dont le contenu est départagé (et par là même sécurisé) auprès de tous les usagés.

Une caractéristique importante de ce genre d’infrastructure repose sur l’anonymat, puisque les usagers n’ont pas vocation à révéler leur identité. Muni de leur pseudonyme, ils peuvent à loisir contacter et échanger avec d’autres utilisateurs.

Dans le cas des cryptomonnaies (de type Bitcoin), ces interactions sont des transactions financières, mais il est tout à fait possible d’imaginer d’autres types d’interactions comme l’archivage de données biomédicales, ou biométriques. Du reste, nos voisins d’outre-Atlantique sont déjà en train de légiférer quant à la légitimité contractuelle de ces architectures digitales, leur conférant ainsi force de loi, soutenue par (et non substituée aux) actes notariés.

Lire du même auteur: La Blockchain: un outil important pour le développement économique en Egypte.

Comment justement la Blockchain pourrait-elle être appliquée dans le contexte de crise en ce qui concerne les données biométriques et biomédicales ?

Dans ce cas particulier, on peut concevoir qu’à défaut d’échanger des informations financières, il s’agirait plutôt d’échanger des informations sanitaires. Ainsi, tout comme vous débiteriez de votre compte bancaire pour en créditer un autre, et tout comme cette opération ne pourrait être réalisée sans votre consentement, vous pourriez décider de créditer une tierce personne (par exemple un médecin) avec vos informations médicales.

Outre sa facilité d’utilisation et sa grande résistance face aux cyberattaques, cette architecture offrirait l’avantage d’octroyer au seul usagé le droit d’accès à ses données personnelles, permettant ainsi la fluidification du transfert informationnel sans compromettre la vie privée.

Plusieurs organisations internationales ont beaucoup réfléchi à l’utilisation de la Blockchain pour des programmes humanitaires à ce titre des chercheurs et opérationnels français doivent coopérer pour permettre des avancées dans ce domaine déjà investi par de nombreux experts internationaux.

Ce texte est signé Florian Bourguin, jeune spécialiste en cyber-sécurité et intelligence économique de l’Association de l’Ecole de Guerre Economique (AEGE).

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