05 Sep 2022 · 4 min read

Les difficiles début de l’eNaira au Nigeria

En octobre 2021, le Nigeria est devenu le premier pays d’Afrique à lancer une CBDC - l'eNaira. En avril de cette année, dans un document intitulé CBDC Global Index 2022 et sur la base d’un certain nombre d’indicateurs, le cabinet d’audit PwC avait décrété que l’eNaira était le CBDC le plus développé et le plus fonctionnel, à la fois en tant que CBDC de détail et en tant que CBDC de gros, avec un score de 95. Cependant, son adoption semble loin d’être rapide : les dernières informations de la Banque centrale nigériane (CBN) ont révélé qu’environ 270.000 portefeuilles eNaira ont été ouverts, parmi lesquels 252.000 portefeuilles de consommateurs et 17.000 portefeuilles de commerçants. Par ailleurs, le volume et la valeur des transactions ont atteint respectivement plus de 200 000 et 4 milliards de Naira. Mais ces chiffres semblent dérisoires, notamment si l’on considère que le pays comptait 134 millions de comptes bancaires actifs en 2021.

Source : Adobe

L’eNaira est un CBDC hybride, avec une architecture à deux niveaux : la CBN est responsable de son émission et s'appuie sur les systèmes et acteurs financiers existants, tels que les institutions financières pour l'engagement des utilisateurs, la distribution des CBDC, la facilitation des paiements, la résolution des litiges… La CBDC a été lancée avec 500 millions de jetons et une trentaine de banques ont été intégrées sur la plateforme eNaira.

Le Nigeria avait banni de manière implicite l’usage des cryptomonnaies, en demandant aux institutions financières de clôturer les comptes suspectés de se livrer à des transactions cryptos. La banque centrale avait justifié sa décision en expliquant qu’elle souhaitait protéger le système financier et ses citoyens, ajoutant qu’elle utiliserait les moyens nécessaires pour dissuader les nigérians d’utiliser les cryptomonnaies. Pourtant, cela ne semble pas freiner leur adoption par les citoyens nigérians, si l’on en croit l'exchange Bitget. Dans un document inititulé What Does the Future Hold for Crypto Exchanges, le Nigeria est le second plus important marché pour les cryptomonnaies sur le continent africain, derrière l’Afrique du Sud, au grand dam de la banque centrale et de son CBDC. Comme dans de nombreux autres pays où l’adoption des cryptomonnaies est importante, elles sont principalement utilisées comme alternative pour le stockage et le transfert d’actifs, mais aussi comme un moyen de se prémunir contre l’inflation.

Comme l’a rapporté la société PYMNTS, le gouverneur de la CBN, Godwin Emefiele, a accusé les banques d'"apathie" en ce qui concerne l'utilisation de l'eNaira. Mr Emefiele a suggéré que l'hésitation des banques provient de la perte perçue de revenus provenant des frais de transaction et de la perspective d'une diminution du rôle des banques commerciales dans l'écosystème des paiements, un processus connu sous le nom de désintermédiation bancaire.

Quoiqu’il en soit, la banque centrale continue d’intensifier ses efforts en matière d’adoption. Le régulateur a introduit le code USSD (Unstructured Supplementary Service Data) pour permettre aux utilisateurs de créer des portefeuilles eNaira en composant un code à quatre chiffres sur leur téléphone portable, qu'ils aient ou non des comptes bancaires. Ceux qui possédent un compte bancaire pourront utiliser le système de paiement instantané du Nigeria, l'Inter-Bank Settlement System (NIPS), pour effectuer des transferts entre comptes bancaires. Selon les propos du gouverneur, le projet se trouve maintenant dans sa seconde phase et l’objectif est de “favoriser l'inclusion financière en intégrant les utilisateurs non bancarisés et mal desservis et d’atteindre environ 8 millions d'utilisateurs actifs". Un hackathon autour du eNaira a également été organisé au mois d’août et 10 start-ups ont été sélectionnées pour participer à l’amélioration de la plateforme.

A ce stade, il reste difficile de déterminer avec certitude si les efforts de la CBN finiront par porter leurs fruits. Mais alors que de nombreux pays d’Afrique (comme le Ghana, l’Afrique du Sud ou encore le Zimbabwe…) pilotent leurs propres initiatives autour des CBDC, ces derniers feraient bien de suivre la progression du Nigeria de près, de manière à éviter les écueils rencontrés par l'eNaira.

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