La Banque d’Angleterre collabore avec une plateforme de paiement pour évaluer les risques liés aux CBDC

Thomas Julia
| 3 min de lecture

Les CBDC (Central bank digital currency) sont, pour rappel, des actifs numériques émises par les banques centrales. En d’autres mots la même monnaie que l’on trouve dans son compte en banque ou porte-monnaie, mais sous la forme de jetons numériques. Un moyen de contenir le développement des cryptos. Leur masse monétaire étant contrôlée par un mécanisme informatique détenu par des entreprises privées, ces monnaies posent une réelle menace pour la souveraineté et la stabilité financière des pays. Le mariage entre les cryptos et les banques centrales était inévitable. Nombre d’entre elles en émettent déjà, dont la banque d’Angleterre. Cette dernière vient d’annoncer un partenariat avec la plateforme de paiement Nuggets pour améliorer la gestion des risques et la confidentialité de leurs actifs numériques. Explications. 

Les CBDC : quels risques?

Au Royaume-Uni, nombreuses sont les critiques sur le niveau de surveillance et de confidentialité des CBDC. En d’autres mots, des possibilités seraient laissées aux fraudeurs et à des transactions douteuses d’exister. Le 4 juin, le ministre des services financiers, Andrew Griffith, a évoqué ces problèmes en soulignant la nécessité de “procéder avec prudence” avec ces émissions d’actifs numériques. Dans un contexte où les autorités ont appelé à plus de régulation des cryptos. La plateforme de paiement Nuggets, luttant contre la fraude grâce à des technologies mêlant paiement et identité, a été mandatée pour apporter des solutions

Un partenariat avec Nuggets 

La première réaction après l’annonce de ce partenariat est venue du cofondateur de Nuggets, Alastair Johnson. “Nuggets a d’abord travaillé avec la Banque des règlements internationaux sur le projet Rosalind, en collaboration avec la Banque d’Angleterre et à la suite de ce travail, Nuggets a ensuite été invité par la Banque d’Angleterre à enquêter et à concevoir la couche d’identité et de confidentialité dans le cadre de ses efforts pour assurer la confidentialité” des CBDC . 

Nuggets promet une fonctionnalité  qui utilisera des connexions intraçables pour échanger et vérifier en privé les informations d’identification sans révéler les identités. Elle affirme que son infrastructure de couche d’identité permettra aux utilisateurs de CBDC de contrôler et de garder leurs données privées en utilisant des preuves Zero-Knowledge. Cela empêchera le suivi des transactions tout en respectant  les normes de lutte contre la fraude et le blanchiment d’argent. Aucun calendrier n’a en revanche été communiqué. 

Les CBDC ont de toute façon le vent en poupe 

Car l’adoption de systèmes permettant l’émission d’actifs numériques se popularise chaque jour un peu plus auprès des banques centrales de la planète. Selon une étude réalisée en 2021 par la Banque des règlements internationaux, 86 % des banques centrales à travers le monde ont déclaré se pencher activement sur le potentiel des CBDC. Parmi elles, 60 % ont déjà franchi le cap de l’expérimentation, tandis que 14 % ont mis en place des projets pilotes. De plus, le cabinet d’audit PwC rapporte qu’au cours des 9 dernières années, plus de 60 banques centrales ont exploré des possibilités de monnaies digitales émises par les banques centrales. 

Un épisode de plus dans les relations souvent complexes entre le financier traditionnel et les cryptos. Les premiers essayant d’apprivoiser les deuxièmes, devenus des acteurs importants du paysage financier. 

Sources: Theblock, Coindesk, Fintechfutures