Binance envoie une ordonnance de cessation et d’abstention au faux Binance du Nigeria

Benoit de Jessey
| 3 min de lecture

Dans un écosystème où la réglementation se fait de plus en plus stricte, la vigilance est de mise pour les acteurs le constituant. Binance, la plus grande plateforme d’échange de cryptomonnaies au monde, a récemment été confrontée à une situation délicate au Nigeria, où une entité frauduleuse opérait sous le nom de “Binance Nigeria Limited”. 

Le mois dernier, la Securities and Exchange Commission (SEC) du Nigeria a publié une déclaration publique déclarant que Binance Nigeria Limited n’était ni enregistrée ni réglementée par la commission, rendant ainsi ses opérations dans le pays illégales. Cette déclaration a suscité des inquiétudes quant à la légitimité de cette entité et a incité Binance à prendre des mesures pour protéger sa réputation et ses utilisateurs. Cela rappelle également les problématiques juridiques auxquelles Binance fait face aux Etats-Unis.

La réaction de Binance 

En réponse à cette situation, Changpeng Zhao, le PDG de Binance, a annoncé sur Twitter que Binance avait officiellement émis une lettre de cessation et d’abstention (cease and desist) à l’encontre de l’entité frauduleuse connue sous le nom de Binance Nigeria Limited. 

Cette lettre est un avertissement formel demandant à l’entité de cesser immédiatement ses activités. CZ a également exhorté les utilisateurs à ne pas croire tout ce qu’ils lisent dans les actualités et à se fier uniquement aux annonces officielles de la plateforme. 

Les implications pour Binance 

Cette affaire souligne l’importance de la conformité réglementaire et de la protection des utilisateurs dans le secteur des cryptomonnaies. Binance, connue pour son engagement envers la conformité réglementaire et la sécurité de ses utilisateurs, a pris une position ferme contre les entités frauduleuses qui tentent d’opérer sous sa marque de manière non autorisée. En émettant cette lettre, la plateforme vise à protéger sa réputation et à prévenir d’éventuels préjudices pour ses utilisateurs au Nigeria.

Par ailleurs, la plateforme a d’ores et déjà quitté plusieurs juridictions, à l’image de Chypre, des Pays-Bas ou encore du Canada par souci de conformité (dont MiCa en Europe). 

Le paysage réglementaire plus large

Cette affaire survient dans un contexte de défis réglementaires croissants pour Binance dans d’autres régions. Récemment, la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis a déposé une plainte contre Binance et CZ, alléguant que la société avait artificiellement gonflé ses volumes de trading, détourné des fonds de clients et induit en erreur les investisseurs concernant ses contrôles de surveillance du marché. Binance conteste ces accusations et cherche un compromis, notamment concernant le gel des fonds des avoirs de Binance.US.

Plus récemment encore, la plateforme est attaqué par la juridiction française, avec une enquête ouverte pour blanchiment aggravé.

La conformité réglementaire reste un aspect crucial et de plus en plus prégnant. L’approche proactive de Binance face à l’entité frauduleuse au Nigéria démontre son engagement à maintenir un écosystème sûr et digne de confiance pour ses utilisateurs. En prenant des mesures rapides et en émettant une lettre de cessation et d’abstention, la société vise à protéger sa réputation et à protéger les utilisateurs contre d’éventuelles activités frauduleuses. Alors que la situation continue d’évoluer, Binance continuera de travailler en étroite collaboration avec les autorités compétentes et de prendre les mesures nécessaires pour assurer la conformité avec les réglementations et fournir un environnement sûr pour sa base d’utilisateurs.

Dans un monde où la technologie évolue rapidement et où les frontières sont de plus en plus floues, les entreprises doivent rester vigilantes et prêtes à agir rapidement pour protéger leurs clients et leur réputation. 

Sources : Binance