Comment Spiderchain prévoit de construire Ethereum sur Bitcoin

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Les détracteurs de Bitcoin ont souvent pointé du doigt le manque d’évolutivité de la blockchain comme étant un de ses principaux désavantages. Par conséquent, de nombreux développeurs se sont efforcés de concevoir des solutions permettant à Bitcoin d’accéder à plus de fonctionnalités. Une des solutions est l’intégration des « sidechains », un mécanisme qui pourrait permettre à Bitcoin de rivaliser avec Ethereum.

Les sidechains : de quoi s’agit-il ?


Une sidechain est une blockchain latérale distincte qui est liée au réseau principal Bitcoin. Les sidechains utilisent généralement BTC comme jeton natif et peuvent tirer parti des garanties de sécurité de la blockchain. Les développeurs peuvent construire des sidechains avec plusieurs fonctionnalités alternatives : celles-ci pourraient inclure la confidentialité, les contrats intelligents et l’introduction de jetons supplémentaires. Deux sidechains sont actuellement en activité sur Bitcoin : Rootstock et Liquid. Un des protocoles qui peut être utilisé pour la création des sidechains est baptisé Drivechain. Le PDG de LayerTwo Labs, Paul Sztorc, est derrière l’idée de la création de ce protocole. Celui-ci a été présenté avec les propositions BIP 300 et BIP 301 en 2015. Cependant, il n’a pas encore reçu la traction nécessaire pour être mis en oeuvre.

Certains membres de la communauté Bitcoin sont loin d’être enthousiastes à l’idée de l’introduction des sidechains. Ils affirment que les sidechains sont un excellent moyen d’accélérer la prolifération des arnaques tout en apportant un haut niveau de complexité et de risque dans la base de code Bitcoin. D’autres estiment que les sidechains sont une excuse à peine voilée pour introduire les « shitcoins » sur la blockchain Bitcoin. Enfin, certains ont pointé du doigt la faible adoption de Rootstock et Liquid comme indicateurs de l’absence d’une demande significative pour les sidechains.


Ce n’est pas tout. D’un point de vue technique, la conception d’une sidechain pose une difficulté majeure : la création d’un mécanisme de verrouillage et de déverrouillage bi-directionnel. Ce mécanisme ne devrait pas nécessiter l’intervention d’un tiers centralisé et ne devrait pas augmenter pas les coûts de validation de la blockchain Bitcoin.

Les Spiderchain vont-ils amener Ethereum sur Bitcoin ?


La société Botanix Labs a développé un projet qui pourrait résoudre ce problème technique. Ce projet s’appuie sur un système d’ancrage appelé « Spiderchain ». Des portefeuilles multisigs décentralisés dénommés « orchestrateurs » constituent l’élément central de ce système. Ces derniers exécutent à la fois un nœud Bitcoin et un nœud Spiderchain. Ainsi, chaque demande de transfert d’un BTC vers une spiderchain entraînera la création d’un nouveau multisig. Un sous-ensemble aléatoire de 100 participants au sein de l’ensemble des stakers contrôle ce multisig.


Botanix affirme que Bitcoin constitue une base appropriée sur laquelle construire un réseau de couche 2, car il est extrêmement difficile à modifier et plus sécurisé grâce à la preuve de travail. De plus, une spiderchain présente de nombreuses similarités avec Ethereum : elle est compatible avec la machine virtuelle Ethereum, dispose d’un temps de bloc de 12 secondes et utilise un mécanisme de consensus de preuve d’enjeu pour sécuriser le réseau. Les nœuds orchestrateurs doivent bloquer leurs BTC pour participer. Les spiderchains présentent un autre avantage : à la différence des drivechains,  leur déploiement est possible sur Bitcoin Core, donc aucune mise à niveau ne sera nécessaire. Les drivechains nécessitent une modification du code Bitcoin que les utilisateurs et les mineurs exécutent actuellement.

Jameson Lopp, CTO de Casa, a fait remarquer que les spiderchains présentaient certaines vulnérabilités techniques. Une réorganisation de la blockchain Bitcoin principale de plus de cinq blocs crée un risque que l’ancrage soit “brisé”. Le système grâce auquel les orchestrateurs de Spiderchain sont déterminés pourrait être à l’origine de cette réorganisation.

Sources : Jameson Lopp, Bitcoin magazine