Les créanciers de Voyager ont été la cible d’escrocs pendant la période de retrait de 30 jours

Benoit de Jessey
| 3 min de lecture

Voyager Digital, plateforme de courtage crt autrefois florissante, a sombré dans la faillite, laissant derrière elle une traînée de questions et de controverses. La période de retrait de 30 jours, qui a permis aux clients de récupérer une partie de leurs fonds, a été entachée de tentatives de fraude et de possibles violations de données.

Chute de Voyager Digital

Fondée en 2018, Voyager Digital a rapidement évolué pour atteindre 3,5 millions d’utilisateurs et gérer environ 6 milliards de dollars en actifs crypto. Toutefois, la chute de Three Arrows Capital et l’échec de la vente à Binance.US et FTX ont conduit à une faillite déposée en juillet 2022. Avec seulement 630 millions de dollars pour satisfaire 1,8 milliard de dollars de réclamations, la route vers la récupération était plus que problématique. 

Retrait et scams

La période de retrait de 30 jours, qui s’est déroulée du 23 juin au 22 juillet, était une étape cruciale pour les clients de Voyager Digital. Durant cette fenêtre de tir, les clients ont pu retirer près de 490 millions de dollars, soit environ 80 % des fonds disponibles. Cependant, cette opportunité a également attiré toute une panoplie d’escrocs. Ces derniers ont utilisé diverses tactiques pour tromper les investisseurs. Parmi les méthodes courantes, citons la création de faux sites Web promettant des rendements plus élevés et l’envoi de lettres, d’appels et d’e-mails frauduleux au nom du PDG de Voyager, Stephen Ehrlich. Ces communications contenaient souvent des informations correctes sur les clients, renforçant leur apparence légitime.

Réaction des autorités

La California Department of Financial Protection and Innovation (DFPI) a rapidement réagi en émettant un avertissement concernant ces tactiques trompeuses. La DFPI a par ailleurs organisé une session dédiée aux scams au sein de l’écosystème crypto. 

Malgré ces efforts, quelques clients ont été victimes des escroqueries. La collaboration entre les autorités et les avocats de Voyager a été essentielle pour contenir la situation. 

Violation de données

L’utilisation de données personnelles dans les tentatives de fraude a soulevé des inquiétudes majeures quant à une éventuelle violation de données chez Voyager Digital. Les avocats de Voyager ont en effet découvert que les escrocs avaient accès à des noms de clients, des informations de contact et des montants de réclamation.Cette utilisation de détails personnels a conduit à des suspicions de violation de données. La possible violation a été signalée aux forces de l’ordre et fait actuellement l’objet d’une enquête par les responsables de la faillite supervisant la liquidation de Voyager Digital. Lors d’une audience téléphonique, le juge américain Michael Wiles a exprimé son indignation face à cette situation, qualifiant les événements de « honteux ». 

L’affaire Voyager n’est qu’un exemple des défis de sécurité auxquels l’industrie de la crypto-monnaie est confrontée. En 2022, les pirates ont dérobé 3,8 milliards de dollars aux entreprises de crypto, selon Chainalysis. La croissance rapide du secteur et l’attrait des gains rapides ont créé un terrain fertile pour les acteurs malveillants. 

Source : DFPI