DCG n’honore pas son paiement de 630M$ à Gemini

Paul Guillot
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Sacré défaut de paiement. Le Digital Currency Group (DCG), société mère de Genesis Global Capital (GGC) qui opère la bourse d’échange de cryptoactifs Gemini, a échoué à honorer un paiement de 630 millions de dollars. Et la situation, déjà complexe, se complique encore avec la menace d’une plainte agitée par le PDG de Gemini, Cameron Winklevoss.

Le mastodonte DCG, dirigé par Barry Silvert, aurait dû, versé 630 millions de dollars à sa filiale Gemini, la bourse d’échange de cryptoactifs, en situation de banqueroute depuis que cette dernière s’est déclarée sous le chapitre 11 de la “Bankruptcy Court” du disctrict Sud de New York. Elle ne l’a pas fait. Et maintenant, la situation empire, sur fonds de rivalité entre deux personnalités de l’écosystème crypto, le PDG de Gemini, Cameron Winkelvoss, et Barry Silvert.

Ce faux pas financier a intensifié l’agitation entre Gemini et DCG, portant une atmosphère incertaine dans le monde des monnaies numériques.

En outre, la situation s’est aggravée en raison d’allégations de ventes de titres non enregistrés par le biais du programme “Earn” et d’allégations de fonds mixtes.

La menace imminente d’un procès de Winklevoss contre le Digital Currency Group et son dirigeant plane donc.

Cette évolution a conduit la Securities and Exchange Commission (SEC), l’autorité financière des États-Unis à demander des comptes aux deux entreprises.

Malgré le bourbier des conflits, Gemini n’a pas perdu de vue ses responsabilités envers ses utilisateurs. La société a travaillé dur pour préparer une demande de récupération de plus de 1,1 milliard de dollars en actifs numériques auprès de Genesis. Cette somme mirobolante appartenait, avant la banqueroute, aux plus de 200 000 utilisateurs du programme “Earn”. Les fonds sont devenus inaccessibles lorsque Genesis a fait faillite.

Bien que les négociations avec DCG continuent d’échouer, l’importance de cette revendication pour Gemini et ses utilisateurs est cruciale. Les représentants légaux de la société explorent toutes les voies possibles pour s’assurer que les fonds des utilisateurs ne seront pas perdus. Cela risque d’avoir aussi un impact sur la confiance générale des individus envers les bourses d’échange centralisées comme Gemini.

Les avocats de Genesis ont récemment adressé une requête au tribunal du district Sud de New York, demandant une prolongation du délai imparti pour déposer un plan en vertu du Chapitre 11 et solliciter des acceptations. S’il est approuvé, la date limite pour déposer un plan serait le 27 août, Gemini ayant jusqu’au 26 octobre pour l’accepter.

Au fur et à mesure que ce feuilleton se déroule, on est brutalement rappelé à la nature volatile de l’industrie des cryptoactifs. Ce genre de situation révèle aussi combien la jeune industrie a besoin d’un cadre réglementaire strict, mais compréhensifs pour ne pas tuer l’innovation dans l’œuf, afin de prévenir de futurs cas qui pourraient mettre en danger les fonds des utilisateurs.