Le directeur de la banque centrale du Portugal estime que les cryptomonnaies ne sont pas viables

Thomas RENAULT
| 2 min de lecture

directeur banque centrale portugal crypto

Les cryptomonnaies continuent de redéfinir le monde financier. Cependant, Mário Centeno, directeur de la Banque centrale du Portugal, exprime ses réserves quant à leur pérennité.

Tout en reconnaissant les mérites du MiCA, le premier cadre réglementaire complet de l’Union européenne pour les cryptos, Centeno insiste sur la nécessité d’un renforcement des réglementations à l’échelle internationale. Dans ce contexte, sa prise de position souligne l’urgence d’une approche coordonnée face à l’essor des monnaies numériques.

Mário Centeno, gouverneur de la Banque centrale du Portugal, appelle à une régulation internationale des cryptomonnaies


Mário Centeno, gouverneur de la Banque du Portugal, s’inscrit dans la lignée des régulateurs, estimant que les efforts nationaux pour superviser les cryptomonnaies ne seront pleinement efficaces qu’avec un cadre mondial. Lors de son discours d’ouverture à la Conférence sur la stabilité financière de la Banque du Portugal, tenue le 2 octobre 2023, Centeno a souligné la nécessité d’une coopération internationale. Son objectif ? Établir un « cadre solide » pour éviter le risque d’une « arbitrage réglementaire ». Pour lui, penser que la régulation de ces risques mondiaux et acteurs internationaux à l’échelle nationale serait suffisante relève de la myopie.

Mário Centeno discutant de la régulation crypto et du MiCA de l'UE
Mário Centeno évoque l’avenir incertain des cryptos. Source : Publicnow.com

S’exprimant sur les actifs cryptographiques et la finance décentralisée, Centeno a évoqué le « risque indéniable » de leur non-viabilité à long terme. Il a manifesté son scepticisme quant au potentiel démocratisant des actifs numériques et même quant à leur capacité à perdurer. Selon ses mots :

« Ces produits volatils, qui ont connu un essor considérable pendant la pandémie de COVID-19, se sont avérés non viables, conduisant, sans surprise, à l’effondrement de plusieurs d’entre eux. »

Vers une harmonisation mondiale : la nécessité d’un cadre réglementaire unifié


Le gouverneur a également salué le premier cadre réglementaire complet de l’Union européenne pour les cryptomonnaies, les réglementations MiCA (Markets in Crypto-Assets). Cependant, il a insisté sur la nécessité d’une consolidation réglementaire internationale, suivant le principe « même risque, même régulation ».

Une opinion similaire a été récemment exprimée par Rupert Schaefer, chef de la stratégie, de la politique et du contrôle à l’Autorité fédérale allemande de surveillance financière. Dans un article de blog, Schaefer a reconnu les progrès apparents réalisés avec l’adoption de la loi MiCA dans l’UE, mais a pointé du doigt les incohérences existantes à l’échelle mondiale.

Le Premier ministre indien, Narendra Modi, représentant l’Inde lors du sommet annuel du G20 en août, a appelé à une collaboration mondiale pour établir des réglementations sur les cryptomonnaies, soulignant ainsi l’importance de la question pour son pays.

Évolution de la fiscalité des cryptomonnaies au Portugal


Le Portugal, longtemps considéré comme un havre fiscal pour les investisseurs en cryptomonnaies, a dernièrement modifié sa politique fiscale. Historiquement exempt de taxe sur les plus-values en cryptomonnaies, le pays a adopté une nouvelle orientation budgétaire. Désormais, les plus-values sur les cryptomonnaies détenues par les particuliers pendant moins d’un an sont soumises à une taxe de 28 %.

portugal cryptomonnaies taxes
Source : Coinledger

Toutefois, il convient de souligner certaines exemptions : les échanges entre différentes cryptomonnaies ne seront pas imposables. Seules les transactions convertissant des cryptomonnaies en monnaies fiat seront concernées. Quant aux mineurs de cryptomonnaies, leurs revenus seront traités comme des gains professionnels, soumis à l’impôt portugais sur le revenu des sociétés.

En comparant cette approche avec d’autres pays européens, comme la France qui taxe les plus-values à hauteur de 30 % sans distinction de durée de détention, la démarche portugaise reste donc assez modérée.

Source : Cointelegraph