ETF crypto : l’Europe est de nouveau en retard !

Alm Maye
| 2 min de lecture

Europe encore un gros retard sur les ETF crypto

Alors que le Vieux Continent représente une part de marché importante dans le secteur des cryptos, elle fait face à plusieurs obstacles pour son évolution.

Sur le plan des ETF crypto, par exemple, l’Europe reste à la traîne en n’ouvrant pas le débat d’une possible adoption de ces produits sur son marché.

Y a-t-il des projets d’approbation d’ETF crypto en Europe ?


La perspective d’ETF crypto semble peu probable en Europe pour le moment. Conformément aux directives européennes, les actifs crypto ne sont pas éligibles au sein des UCITS (Organismes de placement collectif en valeurs mobilières).

Même avec une éventuelle adaptation réglementaire, la diversification imposée par les UCITS rendrait difficile la création d’un ETF crypto.

Selon Poiger, un expert en réglementation financière, une solution envisageable pourrait être un fonds UCITS comprenant des cryptos. Mais cette option reste peu probable.

Actuellement, l’Europe propose déjà de nombreux produits d’investissement diversifiés dans le secteur des crypto-monnaies.

Des entités comme 21Shares offrent une gamme de produits, y compris des indices et des produits d’actifs uniques, tous adossés à des actifs crypto physiques.

Ces produits sont cotés sur des bourses importantes telles que SIX et Xetra. En outre, un ETF Bitcoin Spot existe déjà en Europe, mais il n’est pas disponible aux particuliers. Ce dernier est proposé par le gestionnaire britannique Jacobi Asset Management depuis 2021.

Pour Simon Seiter, un autre expert en actifs numériques, il serait possible d’avoir un ETF basé sur un indice de crypto-monnaies. Cet indice devrait répondre aux exigences des UCITS et pourrait ainsi former la base d’un ETF spot.

Cette approche permettrait aux investisseurs européens de rester dans le cadre réglementaire habituel tout en investissant de manière diversifiée dans les crypto-monnaies.

L’Europe encore en retard dans le secteur crypto ?


Le secteur des cryptos en Europe continue de faire face à des obstacles réglementaires significatifs. Cela ralentit ainsi son développement par rapport à d’autres régions. Les régulateurs européens peinent à établir un cadre clair, engendrant confusion et frustration parmi les acteurs du marché.

Selon des professionnels du secteur, l’enchevêtrement des directives MiCA et AMLD crée une superposition de règles souvent contradictoires. Cette situation complique l’application des lois et nuit à la compétitivité des entreprises européennes.

Natalia Latka, de Merkle Science, souligne que le manque de clarté réglementaire permet plusieurs interprétations des mêmes règles. Cela entrave ainsi l’innovation et l’efficacité opérationnelle.

De plus, le temps de réaction des instances européennes face aux évolutions du marché est lent. Cela empêche les entreprises de répondre rapidement aux opportunités et aux défis du marché mondial.

En Islande, Jon Helgi Egilsson, président de Monerium, exprime des préoccupations similaires. Il pointe du doigt une concurrence déloyale où des entités non régulées hors Europe opèrent sans les contraintes imposées aux entreprises européennes.

Ces conditions favorisent les acteurs extérieurs et placent les entreprises régulées en Europe à un désavantage notable.

Cependant, les prochaines élections européennes pourraient bien changer la donne. Comme l’explique Cointelegraph, la montée en puissance des partis de droite dans l’Union européenne pourrait redéfinir les perspectives réglementaires pour les cryptos.

Selon Marina Markezic de l’Initiative européenne de la crypto-monnaie (EUCI), ces partis pourraient favoriser des réglementations protectrices, voire innovantes, qui soutiendraient l’industrie des crypto-monnaies en Europe.


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