Le ministre du commerce extérieur des EAU mise sur la crypto

Les  Émirats arabes unis, par la voix de leur ministre d'Etat au commerce extérieur, M. Thani bin Ahmed Al Zeyoudi, ont fait savoir qu'ils comptent utiliser des crypto actifs pour leurs activités commerciales futures, et travaillent sur la mise en place d'un cadre légal qui permettra l'essor de ce nouveau secteur. 

"Un rôle majeur"

Lors d'un entretien avec nos confrères de Bloomberg, ce 20 janvier à Davos, en Suisse, où se tenait, comme chaque année, le Forum Economique Mondial, le ministre du commerce extérieur des Emirats Arabes Unis, M. Thani Al Zeydouni a déclaré que son pays considérait de plus en plus d'options alternatives au paiement en dollars américains. Ainsi, une des possibilités envisagées par les autorités financières de cet état du Golfe serait les crypto actifs. Selon Al Zeydouni : 

La crypto jouera un rôle majeur pour le futur des échanges commerciaux des Emirats Arabes Unis. L'essentiel étant que nous assurons la gouvernance globale des crypto actifs et des entreprises impliquées dans le monde de la crypto.

Et de poursuivre en précisant que les EAU continuent de travailler sur le régime légal qui sera mis en place afin de protéger les consommateurs tout en permettant à l'innovation de s'épanouir. D'après ses dires, les efforts se concentreront de sorte que ce pays du Golfe devienne un place de référence mondiale dont les politiques fiscales faciliteront l'établissement d'entreprises étrangères. Le ministre a par ailleurs noté que des progrès significatifs avaient été réalisé dans ce domaine : 

Nous commençons à attirer certaines entreprises du secteur avec, en ligne de mire, l'objectif de bâtir ensemble les systèmes légal et de gouvernance, dont nous avons besoin.

Une vision partagée

Ces déclarations de M. Thani Al Zeydouni ont été prononcées un jour seulement après qu'Omar Sultan Al Olama, le ministre d'état chargé de l'intelligence artificielle, de faire en sorte que les Emirats Arabes Unis deviennent la destination de premier choix pour les investisseurs et entrepreneurs du secteur de la crypto. Et cela, en dépit des récents tumultes qui affectent le marché, notamment l'effondrement de la plateforme d'échange FTX. 

"Le fait qu'ils nous considèrent comme leur maison est vraiment un point positif", a ajouté Al Olama, dans un clin d'oeil à peine voilé à ces plateformes d'échange de crypto actifs qui s'installent à Dubaï ou bien à Abu Dhabi, en raison des de l'attraction exercée par une loi de l'an dernier sur la réglementation des actifs numériques. 

Cependant, le ministre Al Olama a balayé d'un revers de la manche les allégations selon lesquelles son pays pourrait devenir un refuge pour les criminels qui utilisent la crypto afin de blanchir leur argent sale. Il a en outre appelé à ce que les gouvernements travaillent de concert afin d'identifier et de mettre un terme aux activités des acteurs qui ne respectent pas les règles du jeu. 

Ils sont partout. Au Bahamas, à New York, à Londres, et ce que nous devons faire en tant que gouvernements, c'est travailler ensemble, et avec les acteurs de l'industrie, afin de nous assurer qu'un individu qui commettrait une infraction ne puisse s'échapper d'un pays vers un autre.   

Il est judicieux de se rappeler que le Cabinet des Emirats Arabes Unis a récemment passé une nouvelle loi qui requiert que les entités ayant affaire avec l'écosystème crypto obtiennent une licence et une autorisation de l'Autorité de Régulation des Crypto Actifs (ARCA). Les entreprises qui échoueraient à se plier à ces exigences risquant de devoir payer une amende pouvant aller jusqu'à 2,7 millions de dollars. 

Cette dernière loi vient s'ajouter aux Principes Généraux pour la régulation et la supervision des crypto actifs, publiés, en septembre 2022, par le régulateur financier du la zone franche du Marché Global d'Abu Dhabi.