D’après McKinsey, l’automatisation par l’IA pourrait prendre en charge 50 % des activités professionnelles d’ici 2045

Antoine Palloteau
| 4 min de lecture

McKinsey & Company, une entreprise internationale de conseil en gestion, comptant parmi ses clients de nombreuses grandes entreprises et organisations à travers le monde, a publié, le 14 juin dernier, un rapport intitulé : ” Le potentiel économique de l’IA générative : la prochaine frontière de la productivité“. Ce document s’intéresse aux nombreux bouleversements liés à l’intelligence artificielle qui pourraient avoir lieu dans le monde du travail, et par extension l’économie. 

Intelligence artificielle générative : le potentiel pour une révolution de l’anatomie du travail 

Les IA génératives ont récemment fait leur apparition aux yeux du grand public, notamment avec le buzz qu’a connu ChatGPT, le chatbox conçu par la firme américaine OpenAI.  

Une IA générative est un type d’intelligence artificielle, qui, s’appuyant sur un modèle préalablement entraîné à partir de données existantes, est capable de créer du contenu original en générant de nouvelles informations, images, textes ou même sons de manière autonome.

Cet outil performant, parfois même déconcertant, mais qui rappelons-le, n’est pas encore parfait, fait l’objet de divers fantasmes. Dans une approche plus scientifique du problème, la fameuse société de conseil McKinsey tente de donner des perspectives quant à l’impact de l’IA générative sur la structure du travail

Selon la firme américaine, l’IA générative actuelle aurait le potentiel d’automatiser certaines tâches qui absorbent aujourd’hui 60 à 70 % du temps des salariés. Cela est dû à la capacité de l’IA générative à comprendre le langage naturel, omniprésent dans le travail, et qui représente 25 % du temps de travail

Sur ce graphique, la courbe en bleu foncé représente un adoption rapide de l’IA générative tandis que celle en bleu clair correspond à une adoption lente. Le midpoint (point de convergence) représente alors le moment où, dans un scénario d’adoption à rythme moyen, la part des des tâches professionnelles automatisées atteindra 50%

Selon les modèles et les données de McKinsey, il y a donc de fortes chances que ce taux de tâches automatisées grâce à l’IA soit atteint en 2025. On notera que cette étape clé a reculé de 10 ans par rapport aux projections que McKinsey avait partagées en 2017. 

L’autonomisation du travail grâce à l’IA apporte par conséquent une augmentation de l’efficacité et de la productivité : 

“L’IA générative pourrait permettre une croissance de la productivité du travail de 0,1 à 0,6 % par an jusqu’en 2040, en fonction du taux d’adoption des technologies et du redéploiement du temps de travail vers d’autres activités.”

Dans son rapport, McKinsey ajoute que la combinaison entre IA et d’autres technologies pourrait encore davantage augmenter la productivité. On parle de 0.2 à 3.3% de croissance de la productivité du travail par an.

Un impact potentiel majeur pour l’économie globale 

Selon les recherches effectuées par la société de conseil, l’IA générative pourrait faire croître l’économie globale de 2,6 à 4,4 trillions de dollars par an. A titre de comparaison, le PIB de la France en 2022 était de 2,6 trillions. 

McKinsey note que certains secteurs bénéficieront majoritairement de l’IA. 75% de la valeur apportée par l’IA générative serait captée par 4 domaines principaux : “opérations clients, marketing et ventes, ingénierie logicielle et recherche et développement”. 

La banque, la haute technologie et les sciences de la vie sont parmi les industries qui pourraient voir l’impact le plus important en termes de pourcentage de leurs revenus grâce à l’IA générative. C’est le cas du secteur bancaire dans lequel la technologie pourrait apporter une valeur ajoutée située entre 200 et 340 milliards de dollars supplémentaires par an. De la même manière, dans le secteur de la vente au détail, l’impact potentiel est significatif : 400 à 660 milliards de dollars par an.

McKinsey nous l’a montré, l’IA générative a le potentiel pour révolutionner le monde du travail, ce qui bénéficiera très certainement à l’économie globale. Pourtant, quand on sait que l’ONU a récemment souligné des doutes et des inquiétudes concernant l’IA et son lien avec la désinformation, il faut garder à l’esprit que la technologie fait toujours face à certains défis 

Source : McKinsey , Cointelegraph