Le ministère de la Justice américaine va doubler l’effectif de son équipe crypto

Thomas Julia
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Le Department of Justice (DoJ), nom donné outre-atlantique au ministère de la justice américain, a annoncé le 20 juillet son intention de doubler son équipe crypto, dans le but de lutter plus efficacement contre la fraude sévissant dans ce milieu. Plus spécialement contre le phénomène des ransomwares, ces logiciels malveillants qui s’accaparent les données d’institutions en tout genre et demandent une rançon pour les rendre. Explications. 

Une réorganisation et un doublement des effectifs

Le DoJ a annoncé qu’il doublerait le nombre d’avocats de la division pénale disponibles pour travailler sur des affaires criminelles de crypto-monnaies. Ils rejoindront un département créé en 2021. L’unité augmentera son nombre de procureurs par intérim et aura également un nouveau chef. L’annonce a été faite par Nicole Argentieri, sous-procureure générale adjointe principale, au Centre d’études stratégiques et internationales. 

Nicole Argentieri a tout d’abord annoncé la fusion de deux équipes du DoJ : la Section de la criminalité informatique et de la propriété intellectuelle (CCIPS) et la National Cryptocurrency Enforcement Team (NCET). La dernière étant “avalée” par la première. 

Après son intégration au sein du CCIPS, le NCET continuera ses activités d’enquête et de lutte contre les infractions pénales liées à l’abus de crypto-monnaie. Considérant le NCET comme une “start-up extrêmement réussie”, Argentieri a souligné que cette fusion avec une entité plus vaste lui apporterait de nouvelles ressources considérables.

Le nombre d’avocats au sein de la division pénale disponibles pour traiter les affaires criminelles impliquant des crypto-monnaies va “plus que doubler”, car tous les avocats du CCIPS pourraient potentiellement être affectés à des dossiers du NCET. De plus, le NCET aura accès aux travaux portant sur la criminalité informatique et la propriété intellectuelle.

L’agence aura également un nouveau directeur par intérim. Plus précisément une nouvelle directrice, en la personne de Claudia Quiroz. Ancienne adjointe du bureau du procureur américain du district nord de Californie, elle occupait le poste de directrice adjointe du NCET depuis sa création.

Une dimension géopolitique et des affaires récentes au coeur du changement 

La première priorité de cette nouvelle unité “surchargée” sera de lutter contre les ransomwares. Le NCET se concentrera sur le suivi des criminels via leurs paiements cryptographiques, en les gelant ou en les saisissant “avant qu’ils ne se rendent en Russie et dans d’autres points chauds de ransomware”. Un communiqué qui détaille explicitement la dimension géopolitique que peut avoir ce genre de délit, accusant nommément le pays dirigé par Vladimir Poutine. 

La refonte du NCET fait suite à la création par le ministère de la Justice d’une section de cybersécurité nationale, qui, selon ses responsables, se concentrera sur les cyberattaques par des acteurs de l’État-nation et d’autres menaces liées à la cybersécurité pour la sécurité nationale des États-Unis.

La faillite de FTX a également accru le sentiment d’urgence parmi les régulateurs d’éradiquer les mauvais acteurs de l’industrie des actifs numériques. Dans le même temps, les responsables du DoJ affirment qu’ils voient de plus en plus la crypto-monnaie jouer un rôle dans presque tous les domaines du crime organisé. “C’est une partie importante de la façon dont nous voyons les activités criminelles perpétrées en ce moment”, a d’ailleurs déclaré Kenneth Polite, chef de la division criminelle du DoJ, dans une récente interview avec le Wall Street Journal.

Sources: Cointelegraph, Bitdegree, Wall Street Journal