La police française perquisitionne les bureaux de Nvidia

Matthieu Dumas
| 2 min de lecture

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Nvidia, le géant mondial des cartes graphiques, a eu une mauvaise surprise mercredi matin. Les bureaux de sa filiale française, situés à la Défense, ont été perquisitionnés par les autorités de la concurrence et les forces de l’ordre. Qu’est-ce qui leur vaut cette visite inattendue ? Des soupçons de pratiques anticoncurrentielles dans le domaine du cloud computing.

Nvidia, un leader du cloud computing


La société américaine n’est pas seulement connu pour ses cartes graphiques, qui équipent les ordinateurs gamers et des professionnels de l’image. Nvidia est aussi un acteur majeur du cloud computing, c’est-à-dire de services informatiques à distance, via internet.

Nvidia propose notamment des solutions de calcul intensif, d’intelligence artificielle et de réalité virtuelle, basées sur ses puces graphiques. L’application d’IA générative ChatGPT, lancée fin de l’année dernière, a engendré une forte demande de puces Nvidia. Grâce à ses puces, matériels, et logiciels performants, Nvidia a atteint une part de marché d’environ 80 %.

Nvidia a récemment renforcé sa position dans le cloud computing, en rachetant l’entreprise britannique Arm, spécialisée dans les processeurs pour les appareils mobiles. Cette acquisition, d’un montant de 40 milliards de dollars, doit encore être approuvée par les autorités de régulation de plusieurs pays.

Nvidia espère ainsi créer un géant du cloud computing, capable de rivaliser avec les leaders du secteur, comme Amazon, Microsoft ou Google.

Perquisitionné pour soupçon de pratiques anticoncurrentielles


Mais cette ambition ne plaît pas à tout le monde. L’autorité française de la concurrence a décidé d’ouvrir une enquête sur Nvidia, pour vérifier si l’entreprise respecte les règles du jeu concurrentiel. Selon le Wall Street Journal qui a révélé l’information, l’autorité soupçonne Nvidia de se livrer à des “pratiques anticoncurrentielles” dans le domaine du cloud computing.

L’autorité craint que Nvidia n’utilise sa position dominante sur le marché des cartes graphiques pour évincer ses concurrents du marché du cloud computing. Par exemple, en imposant des conditions exclusives ou discriminatoires à ses clients ou à ses fournisseurs, ou en empêchant l’accès à certaines technologies ou données. Ces pratiques pourraient nuire à la concurrence et aux consommateurs.

L’autorité de la concurrence a donc envoyé des agents perquisitionner les bureaux de Nvidia France, accompagnés de policiers et d’huissiers. Ils ont saisi des documents et des ordinateurs, qui seront analysés dans le cadre de l’enquête. L’autorité n’a pas précisé la durée ni l’issue de l’enquête, qui pourrait aboutir à un procès ou à un accord amiable.

Nvidia se dit coopératif


De son côté, Nvidia se dit coopératif avec les autorités françaises. La société affirme qu’elle respecte les lois et les réglementations en vigueur dans tous les pays où elle opère. Elle assure qu’elle n’a rien à se reprocher et qu’elle continuera à fournir des services innovants et de qualité à ses clients.

Nvidia n’est pas la seule entreprise du secteur du cloud computing à faire l’objet d’une enquête en France. L’autorité de la concurrence a également perquisitionné les bureaux d’Amazon France en juin dernier pour des motifs similaires. Il semble que les autorités françaises soient déterminées à surveiller de près ce secteur en pleine croissance, qui représente un enjeu stratégique pour l’économie numérique.

Source : Wall Street Journal, Boursorama, Zone Bourse