Accueil ActualitésParole d'experts

Quelles solutions face aux commissions historiquement élevées d'Ethereum ?

Par Manuel Valente (Coinhouse)
Quelles solutions face aux commissions historiquement élevées d'Ethereum ?
Photo: Adobe

Ce texte est signé Manuel Valente, directeur analyses et recherche de chez Coinhouse.

L’année 2020 a vu l’explosion de l’utilisation d’Ethereum, en particulier dans le contexte des projets de finance décentralisée (DeFi). En un an, les fonds sous gestion de cet écosystème sont passés de 500 millions de dollars à plus de sept milliards, avec une augmentation continue toujours plus rapide. Malheureusement ce phénomène apporte son lot de problèmes, en particulier le coût de plus en plus élevé des transactions qui pose question d’une utilisation à grande échelle du réseau Ethereum en l’état actuel.

La blockchain Ethereum est l’une des plus prometteuses de tout l’écosystème des cryptomonnaies, avec de nombreux développement de nouveaux services devenus possibles grâce à son existence. Mais lorsque chaque transaction coûte dix dollars, voire davantage, cela représente un frein de plus en plus important à l’utilisation de tout type de services, aussi excellents soient-ils. Nous détaillerons dans cet article l’arsenal de solutions possibles pour résoudre ce problème particulier.

Lire aussi: Qui peut faire chuter Ethereum de son trône ?

Les transactions sur le réseau Ethereum, pourquoi et comment ?

De la même façon que sur la blockchain Bitcoin, chaque transaction Ethereum requiert le paiement d’une commission payée aux mineurs qui valident les transactions, et qu’on appelle spécifiquement sur Ethereum le ‘’gas’’. Le montant de la commission dépend de deux facteurs. La complexité de la transaction à réaliser détermine la quantité de gas. Pour une transaction simple d’envoi d’ethers, le montant est faible, mais pour une transaction complexe qui interagit avec un smart contrat, cette quantité est bien plus élevée. Le deuxième facteur est le prix du gas en ethers, et c’est l’utilisateur qui le choisit lorsqu’il déclenche sa transaction depuis son portefeuille. Le coût total de la transaction est donc la quantité de gas multipliée par son prix.

Évidemment, un utilisateur peut choisir un prix de gas faible, voire nul. Mais les mineurs donnent toujours la priorité aux transactions fournissant un prix de gas élevé, ce qui leur assure une meilleure rémunération. En cas de congestion du réseau, le prix du gas aura donc tendance à augmenter, selon une simple loi de l’offre et de la demande. Et c’est ce qui s’est récemment produit sur le marché.

Le prix du gas a ainsi été multiplié par dix depuis le début de l’année 2020, voire même vingt pendant les périodes de plus forte activité.

Cette augmentation est d’autant plus importante que des transactions complexes doivent être acceptées par le réseau, ce qui est bien entendu le cas avec les applications DeFi.

La problématique est donc, comme bien souvent dans le monde de la blockchain, la scalabilité du réseau. Si l’on veut que l’usage du réseau continue à augmenter sans que les commissions deviennent totalement prohibitives, il faut donc envisager des solutions.

Augmenter la limite de gas

La solution la plus simple consiste à augmenter la quantité de gas disponible par bloc de transactions. Et autant une telle solution a causé des disputes sans fin dans la blockchain Bitcoin lorsqu’elle a été envisagée, autant sur la blockchain Ethereum cela ne pose pas de problème particulier. La quantité de gas par bloc a ainsi été augmentée de 12% au mois de juin 2020, suite à un vote des mineurs, sans beaucoup d’effet sur l’augmentation du prix du gas, d’ailleurs. Et plus fondamentalement, cette solution présente elle aussi des problèmes de scalabilité : plus les blocs sont volumineux, plus ils requièrent des connexions réseau rapides, de l’espace disque pour stocker la blockchain, et de la puissance de calcul pour traiter les interactions avec des smart contracts. Ce n’est donc pas une solution sur le long terme.

Ethereum 2.0

La blockchain Ethereum 2.0, actuellement en cours de développement, a été construite pour pallier ce genre de problématique. En fournissant notamment des systèmes de sharding permettant de découper la blockchain en plusieurs parties, il devient possible d’augmenter massivement le nombre de transactions simultanées, de réduire les coûts, et de résoudre les problèmes de scalabilité.

C’est pour toutes ces raisons que Coinhouse propose Ethereum sur sa plateforme et continue de recommander d’en avoir dans son portefeuille d’investisseur. Par ailleurs, nous proposons désormais des allocations, constituées de plusieurs cryptomonnaies et adaptées aux différents profils de risque. Les plus offensives contiennent, entre autres, des tokens créés sur Ethereum et visant à résoudre les problèmes de scalabilité de différentes manières.

Quoi qu’il en soit, l’ampleur du projet Ethereum 2.0 est impressionnante et il faudra encore plusieurs années avant qu’il soit en production avec toutes ses fonctionnalités. Or, l’écosystème nécessite une solution à court terme.

Les solutions dites ‘’layer 2’’ et les side-chains

Sur le réseau Bitcoin, le protocole Lightning Network a été construit pour résoudre ce genre de problématique de scalabilité de la façon suivante : au lieu d’écrire toutes les transactions sur la blockchain, il permet de créer des sous-réseaux appelés canaux dans lesquels il est possible de faire passer beaucoup plus de transactions, avec des commissions très réduites.

L’idée est donc de construire des systèmes équivalents sur Ethereum. Le protocole Matic propose ainsi de construire des side-chains, des mini-blockchains connectées à la blockchain principale sur lesquelles il est possible de faire les mêmes opérations que sur le réseau standard, mais dans un environnement isolé. Il est ensuite possible de retranscrire la résultante des transactions sur la blockchain lorsque la side-chain est clôturée.

D’autres solutions comme Loopring utilisent des systèmes de smart contracts sur la blockchain principale, mais en écrivant uniquement une résultante des transactions, ce qui réduit l’usage du réseau et les coûts associés.

Les meta-blockchains

La dernière solution à envisager est l’utilisation de meta-blockchains. Ces projets promettent d’englober des protocoles existants à l’intérieur de leur propre blockchain, plus rapide, efficace, et moins coûteuse. Des protocoles comme Polkadot, Cosmos, ou Avalanche sont les plus connus actuellement, et permettraient d’exécuter des transactions à travers des blockchains multiples, efficacement et rapidement. Là encore, le problème est que ces projets sont pour le moment en phase de développement, et qu’ils nécessitent des technologies complexes et non encore éprouvées.

En résumé, l’ensemble de l’écosystème des cryptoactifs s’accorde à dire que le problème des commissions sur les transactions Ethereum est important. Les solutions proposées ci-dessus pour le résoudre présentes toutes des inconvénients, au premier rang desquels la complexité de leur mise en oeuvre. Si Ethereum 2.0 est la solution que tout le monde espère être définitive, le marché nécessite des approches à court terme pour résoudre ce goulot d’étranglement et aucune ne se dégage du lot pour le moment. Patience...

_________________________________

Suivez nos liens d'affiliés:

Pour acheter des cryptomonnaies; Zone SEPA Europe et citoyens français:

Pour acheter des cryptomonnaies au Canada:

Pour acheter des cryptomonnaies à travers le monde:

Pour investir dans le minage ou les masternodes:

Pour transiger vos cryptos de façon anonyme:

Pour générer des intérêts grâce à vos bitcoins:

Pour sécuriser ou stocker vos cryptomonnaies:

Pour accumuler des cryptos en jouant:

  • Au poker sur la plateforme de jeux CoinPoker
  • À un fantasy football mondial sur la plateforme Sorare

________________

Suivez-nous sur Twitter ou rejoignez-nous sur Telegram

Plus d’articles