La réglementation de l’UE sur l’IA a déclenché une lettre signée par 160 responsables de la tech

Benoit de Jessey
| 3 min de lecture

L’Europe se trouve à un carrefour technologique. La proposition de l’Union européenne visant à réglementer l’Intelligence Artificielle (IA) a suscité une vive réaction de la part des dirigeants de l’industrie technologique.Ces derniers expriment leurs inquiétudes quant à l’impact potentiel de cette réglementation sur la compétitivité, l’innovation et la souveraineté technologique de l’Europe.

La proposition de l’UE

La proposition de l’UE pour la réglementation de l’IA est une première mondiale. Elle vise à garantir un développement centré sur l’humain et éthique de l’IA en Europe. Les députés européens ont approuvé de nouvelles règles de transparence et de gestion des risques pour les systèmes d’IA. Ces règles suivent une approche basée sur le risque et établissent des obligations pour les fournisseurs et les utilisateurs en fonction du niveau de risque que l’IA peut générer. Les systèmes d’IA présentant un niveau de risque inacceptable pour la sécurité des personnes seraient strictement interdits. 

Les préoccupations de l’industrie

Plus de 160 dirigeants d’entreprises, dont Renault et Meta, ont signé une lettre ouverte exprimant leurs préoccupations concernant la proposition de législation de l’UE sur l’IA. Ils soutiennent que les règles proposées pourraient compromettre la compétitivité de l’Europe et sa souveraineté technologique. Les dirigeants de l’industrie technologique mettent en garde contre les coûts de conformité élevés et les risques de responsabilité disproportionnés que les entreprises opérant dans l’UE pourraient encourir.

Les conséquences potentielles

Les conséquences potentielles de la réglementation proposée sont multiples. Les entreprises pourraient être contraintes de délocaliser leurs activités à l’étranger si la réglementation devient trop lourde. Les investisseurs pourraient également retirer leur capital du développement de l’IA en Europe en raison du fardeau réglementaire. Ces conséquences pourraient avoir un impact significatif sur l’innovation et le développement de l’IA en Europe. 

Les réactions variées

Les réactions à la proposition de l’UE sont variées. Certains appellent à une approche basée sur le risque, tandis que d’autres suggèrent un code de conduite volontaire pour l’IA. Par exemple, le chef de la technologie de l’UE a suggéré que l’UE et les États-Unis travaillent ensemble pour créer un “code de conduite de l’IA” volontaire pendant qu’ils finalisent des réglementations plus permanentes. 

Je suis convaincu qu’ils n’ont pas lu attentivement le texte, mais ont plutôt réagi sous l’impulsion de quelques-uns qui ont un intérêt particulier dans ce sujet.

Dragos Tudorache, co-leader de la proposition de l’UE

L’Europe se trouve à un carrefour. D’une part, il est essentiel de réglementer l’IA pour protéger les droits fondamentaux et garantir la sécurité. D’autre part, il est crucial de favoriser l’innovation et la compétitivité dans le domaine de l’IA. La proposition de l’UE pour la réglementation de l’IA est une première étape importante, mais il est clair que le débat est loin d’être terminé. Il sera essentiel de trouver un équilibre entre ces deux impératifs pour garantir un avenir prospère pour l’IA en Europe.

Source: UE