Vin : Le domaine Château Edmus vend son dernier millésime en NFT sur Intercellar

Yann-Olivier Bricombert
| 3 min de lecture

Château-Edmus-vin-nftLe Château Edmus, domaine viticole de Saint-Emilion, se lance dans l’allocation de ses vins sous forme de NFT et intègre la plateforme Intercellar ce jeudi 12 octobre 2023.

Petite « boutique winery » de 1,6 hectares reprise en 2019, le domaine Château Edmus est un peu le domaine viticole « geek » de Saint-Emilion. Ce n’est pas sa composition, élaborée pourtant à partir de vieilles vignes de cabernet franc cultivées en biodynamie, élevée en œuf de Beaune et sans sulfites, qui fait parler d’elle aujourd’hui. Ni même son classement dans le top 10 «des grands crus bordelais les plus attractifs du moment», selon la plateforme spécialisée iDealWine.

Ancien cadre chez Apple, Laurent David, son propriétaire, a trouvé un moyen original d’associer la tech et le vin, avec un système d’allocation NFT. Après avoir séjourné cinq ans dans les caves du château, son millésime 2017 sera commercialisé exclusivement sur Internet, ce jeudi 12 octobre 2023 à des amateurs de vin, membres du Club Edmus.

280 cartes de membres sous forme de NFT


Pour en faire partie, il faudra posséder une carte de membre sous forme de NFT, qui ouvrira la voie à certains avantages : accès paux cuvées, journée au domaine, invitation à un repas… mais aussi droit de vote et de décision sur les futures étiquettes, ou les nouvelles cuvées.

Trois niveaux de membership allant de 280 € à 1000 € offriront de 5% à 15% de réduction à valoir sur 6 à 24 bouteilles allouées. Au total, 280 cartes d’allocataires NFT seront ainsi digitalisées sur la blockchain Ethereum, “ce qui permettra de garantir un stockage de vin sécurisé (offert pendant la première année), une traçabilité des mouvements de chaque bouteille et la revente facilitée des cartes ou des allocations”.

Pour le domaine Château Edmus, c’est un joli coup marketing, mais pas seulement. “Nous réinterprétons les terroirs de Saint-Emilion avec audace sans crainte de casser les codes et avec cette volonté de déconstruire les préjugés autour des vins de Bordeaux”, détaille Laurent David.

Une première vente NFT à succès en 2022


En mai 2022, son domaine avait déjà fait les gros titres en réalisant une première vente NFT avec 10 magnums numérotés reliés à des œuvres d’art en série limitée. Le magnum n°1 s’était adjugé 5 300 €, pour un prix moyen de la vente de 2 608 € par magnum… très loin de la soixantaine d’euros habituels pour les bouteilles de Château Edmus.

Qu’un domaine viticole de Bordeaux investisse l’univers numérique n’est pas une surprise, pour Louis de Bonnecaze, CEO de la plateforme Intercellar. “La vente de vins sur Internet représente un marché de 600 millions d’euros. Il était de 500 millions en 2020, et le projections prévoient 700 millions en 2025.”

En terme d’usage pratique aussi, le NFT a son utilité. “Quand on sait que les grands vins sont revendus six à sept fois avant d’être consommés, cela induit une empreinte carbone importante. Nous apportons de la traçabilité, en luttant contre la contrefaçon, mais aussi une clientèle plus jeune, qui a entre 25 et 45 ans, et des conditions de stockage avantageuses pour l’amateur de grands crus.”

Chaque bouteille physique possède ainsi un “jumeau digital”, le terme préféré à celui de NFT, souvent associé à la spéculation. Le propriétaire de la bouteille peut décider de se la faire livrer, ce qui entraîne la destruction du NFT.

Intercellar veut se tailler la part du lion


Dans l’écosystème Web3, Intercellar est la suite logique du Wine Bottle Club, ce groupe de 855 passionnés de vins et de NFT créé en 2018, qui se retrouvent à travers des évènements physiques et des ventes privées. La startup a noué des partenariats avec les plus grands domaines, comme le Château Malartic-Lagravière, sponsor de la cérémonie des Oscars, ou encore le Champagne Carbon, partenaire des courses de Formule 1, tous les deux sold-out.

Incubée par Pyratzlabs, elle travaille sur d’autres projets, comme un metaverse du vin, où il sera possible de stocker, manipuler et s’échanger les bouteilles en 3D. “Nous sommes est en train de finaliser notre proof-of-concept, conclut Louis de Bonnecaze, mais à terme l’objectif est de prendre une part du marché, qui est tout de même la deuxième balance excédentaire en France, juste derrière l’aéronautique”.


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