09 juin 2022 · 9 min read

Web3: Utopie passagère ou véritable révolution?

Le web3 est le nouveau « buzzword » à côté duquel il est difficile de passer aujourd’hui. Il désigne une nouvelle génération d’internet, décentralisé et indépendant, rendue possible grâce à la blockchain. La promesse ? Se réapproprier ses données, contribuer à la gouvernance de ses applications préférées, profiter de services financiers indépendants et repenser la création de valeur. Après le « web1 », l’internet en « lecture seule » des années 1990 à 2004, le « web2 » en « lecture/écriture » que nous connaissons aujourd’hui et qui marque l’avènement des réseaux sociaux, le web3 représenterait le futur d’internet. Qu’est-ce que le web3 ? Constitue-t-il une réelle révolution ou relève-t-il davantage de l’utopie ? Décryptage.

Photo: AdobeStock

Qu’est-ce que le web3 ?

Le web3 constitue un cas d’application des usages rendus possibles grâce à la blockchain. Cette technologie permet l’émergence d’applications décentralisées (DApps) qui, ensemble, constituent l’écosystème du web3. A la clé, plus de transparence, de sécurité, d’équité et un contrôle retrouvé de ses données personnelles.

Tandis que le modèle commercial sur le web2 consistait principalement à échanger ses données (et son attention) contre des services gratuits, le web3 propose, à ses utilisateurs, de mettre fin à ce marchandage. L’accès aux DApps du web3 s’opère en acquérant certains tokens qui permettent, à leurs détenteurs, de prendre part à la gouvernance d’organisations autonomes décentralisées (DAO).

Par ailleurs, le web3 remédierait aux dangers créés par la concentration des entreprises du web. Ainsi, la suprématie des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft) appartiendrait bientôt au passé. Dès lors, les utilisateurs pourraient gagner en autonomie et ne seraient plus tributaires du bon vouloir de ces plateformes (augmentations des tarifs, bannissement de compte, clôture de service etc.).

En outre, le web3 est dit « permissionless » ce qui signifie que chacun peut, au départ d’une adresse sur la blockchain, interagir avec elle sans limitation et ce, dans le monde entier. La censure, mais également la modération, seront révolues de même que les blocages d’accès par géolocalisation ou pour tout autre motif.

Sommes-nous à la veille d’une nouvelle ère digitale?

Le web3 ne cesse de susciter la curiosité et l’enthousiasme et derrière cet émoi, le secteur affiche d’ores et déjà une croissance assez spectaculaire. Selon une étude de Emergen Research, publiée en ce mois de mai, le marché du web3 était évalué à 3,2 milliards de dollars en 2021 et devrait atteindre 81,5 milliards d’ici 2030.

Si le web3 est souvent qualifié de révolutionnaire c’est notamment en raison de son infrastructure novatrice mais également des nouveaux services et produits qui en émergent. Les lancements de différents métavers, par exemple, n’ont pas manqué de surprendre le grand public en témoignant de l’imminence de l’immersion de l’expérience digitale dans la réalité virtuelle. Les NFTs, par ailleurs, sont un autre exemple des potentialités permises par la blockchain sur le web3. La finance décentralisée (DeFi), en outre, permet à ses utilisateurs de prendre le contrôle de la gestion de leurs fonds personnels et d’accéder à différents produits sécurisés et transparents (tels que le staking, le farming, l’emprunt ou le trading).

De nombreux secteurs pourraient être profondément transformés par les potentialités offertes par la blockchain. Pour l’heure, l’une d’entre elle semble y avoir trouvé son salut, il s’agit de l’économie de la création. Fin 2021, cette industrie dénombrait près de 50 millions de créateurs indépendants, selon Eterna Capital, qu’ils soient journalistes, artistes ou vidéastes. Si le modèle du web2 leur permet d’ores et déjà de monétiser le fruit de leurs efforts, le web3 promet quant à lui une plus juste rétribution en supprimant le nombre d’intermédiaires de distribution. Par ailleurs, le modèle économique de la création sur le web2 repose principalement sur les revenus publicitaires engrangés grâce à la visibilité des artistes. Sur le web3, les créateurs peuvent monétiser leur art, ou contenu, de manière libre en capitalisant principalement sur le soutien de leur communauté.

L’industrie du jeu vidéo a également emprunté, non sans enthousiasme, le virage du web3. La société Square Enix, derrière les franchises à succès Final Fantasy et Tomb Raider s’est dite prête à créer « un écosystème robuste utilisant la blockchain et les NFTs dans ses jeux dans le cadre de sa stratégie 2022 » selon Forbes. 

SquareEnix s'est associé à Animoca Brands pour créer un écosystème utilisant blockchain & les NFT:

Des entreprises comme Ubisoft ou Atari ont, par ailleurs, conclu des partenariats avec le métavers The Sandbox sur lequel ils se sont offerts de larges parcelles de terrains virtuels. De plus, la blockchain ouvre la voie à de nouvelles façons de jouer. La GameFi permet notamment aux joueurs d’expérimenter un nouveau modèle de Play-to-Earn qui rétribue les performances de jeu en crypto-actifs. Le Move-to-Earn quant à lui (que l’on retrouve sur les applications StepN et SweatCoins notamment) rétribue les utilisateurs en fonction de leur nombre de pas effectués.

Atari est présent dans The Sandbox / @The Sandbox

Gavin Wood, cofondateur d’Ethereum et créateur de Polkadot, a été le premier à rêver du futur d’internet en décrivant ce qu’il appelait, en 2014, le « web 3.0 ». Dans une interview accordée à CNBC, il affirme que les utilisateurs ont été conditionnés à accorder leur confiance à l’infrastructure centralisée du web telle qu’elle existe, mais que ce modèle s’assimile à une version dystopique du monde. Il ajoute que le web3 constituera probablement un challenge pour les géants de la tech existants. S’il compare cette compétition au combat laborieux de David contre Goliath, il dit également concevoir le potentiel du web3 semblable à celui de Microsoft à la fin des années 2000.

Une mise en pratique qui pose question

Le web3 offre de nouvelles opportunités commerciales, financières, il permet de retrouver la possession de ses données et de contribuer directement au développement de son écosystème qui se veut être transparent, sécurisé et décentralisé. Si la promesse a tout pour séduire, la mise en place de ce cahier de charge peut laisser circonspects les moins enthousiastes.

En premier lieu, les détracteurs du web3 soulignent, sans tort, que des plateformes sont aujourd’hui largement dominantes dans leur secteur. Qu’il s’agisse de bourses d’échange de cryptomonnaies leaders ou de plateformes de vente de NFT, certaines entreprises détiennent des parts de marché considérables dans leur domaine d’activité sur le web3. Dès lors, cette apparition de nouveaux géants s’inscrirait en contradiction avec son ambition première de décentralisation. Si cela peut poser question, il convient néanmoins de noter que l’accessibilité du web3 est conditionnée par l’existence de ces plateformes. Ces dernières proposent, en effet, une interface intuitive, facilitent l’accès à des services et fournissent des garanties à leurs utilisateurs.

L’accessibilité, précisément, sème également le doute quant à l’avenir du web3. Si celui-ci attire pour l’heure un public de curieux et convaincus, il est très difficile de s’avancer quant à une adoption de masse du web3. Néanmoins, l’engagement d’un nombre croissant de marques pourrait catalyser cette adoption. Par ailleurs, notons que, selon une enquête menée par le Pew Research Center à la fin de l’année 2021, seuls 13% de la population américaine auraient déclaré ne pas avoir entendu parler du Bitcoin ou de tout autre blockchain.  Si cette technologie n’a pas encore percolé la conscience collective, elle y poursuit tout de même son chemin.

Enfin, selon une étude en ligne, conduite en janvier dernier par le National Research Group, 54% des consommateurs américains se sont dits inquiets quant à la menace que constituent les technologies vis-à-vis de leurs droits et libertés. Parmi les répondants, 44% ont évoqué leurs préoccupations quant à la protection de leurs données en ligne, 38% déploraient la publicité en ligne et 34% exprimaient leur impuissance dans la gestion de leurs informations personnelles. Cela pourrait constituer un signal favorable en vue d’une adoption plus large du web3. Néanmoins, pour l’heure, seuls 13% des sondés déclaraient savoir ce qu’était le web3.

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