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Plébiscite et mises en garde pour les lois mexicaines sur les cryptos

Par Tim Alper
Plébiscite et mises en garde pour les lois mexicaines sur les cryptos 101
Agustín Carstens. Source: a video screenshot.

Le chef de la Banque des règlements internationaux (BRI) et l’ancien gouverneur de la banque centrale mexicaine ont averti le Mexique “de ne pas se reposer sur leurs lauriers” après que des experts internationaux en technologies du gouvernement eurent applaudi la décision du pays d'introduire la cryptomonnaie et une réglementation en ce qui concerne la FinTech.

À partir de mars prochain, les exchanges cryptos devront demander des permis d’exploitation à la banque centrale, Bexico. Ils devront répondre à une série de critères pour obtenir ce permis, prouvant qu’elles utilisent des systèmes de gestion adéquats et des politiques de type “Know-Your-Customer”. Selon un expert, cette initiative a déjà eu pour effet de faire réfléchir certains exchanges étrangers à aller établir leurs succursales dans le pays.

La loi FinTech, qui concerne également la législation relative au financement participatif, aux cryptomonnaies et au paiement électronique, a été saluée par les leaders financiers du G24, le Groupe intergouvernemental des vingt-quatre qui agit sur les questions monétaires internationales. Un rapport de ce G24 présenté à la conférence FinTech de Bali organisée par le FMI et la Banque mondiale à la fin de la semaine dernière a fait l’éloge du Mexique pour son initiative pionnière en matière “d’inclusion financière”.

Le rapport félicite la loi mexicaine d’être un “bon exemple” pour les régulateurs potentiels, avec une “réglementation équilibrée protégeant les consommateurs”.

Agustín Carstens, président de la Banque des règlements internationaux a toutefois mis en garde contre trop de complaisance avec l’approbation du G24 lors d’un entretien avec El Economista. “Je pense que le Mexique se débrouille bien avec ses lois sur la technologie financière, mais il doit continuer à avancer. En fait, il faut anticiper les tendances. [La technologie de l'information] n'a pas de frontières et reste dans un état d'innovation permanente. Le Mexique doit donc rester à jour ou risquer de prendre du retard".

Carstens a également mis en garde le Mexique contre les menaces de cybersécurité liées à la cryptomonnaie en provenance "de l'étranger".

La Banque des règlements internationaux est une institution financière de 60 membres appartenant aux banques centrales. Ses tâches incluent des fonctions de réglementation internationale et la création d'une politique monétaire pour ses membres, notamment la Chine, les États-Unis, l'Allemagne et la plupart des autres grandes puissances économiques mondiales.

Carstens a déjà parlé de cryptomonnaies. Juste après sa nomination en tant que chef de la Banque des règlements, l’année dernière, il a déclaré à Bloomberg que la BRI “consacrerait beaucoup de ressources” à la surveillance des cryptomonnaies, et a déclaré: “Tout ce qui aura un prix qui croît aussi rapidement que celui du Bitcoin sans que l’on sache vraiment ce qui se cache derrière, aura toute notre attention".

Cependant, dans un rapport publié en juin, la BRI a indiqué que les cryptomonnaies n’étaient pas scalables et étaient soumises à trop de manipulations et de fraudes pour obtenir jamais le statut de monnaies. Elle a aussi accusé le Bitcoin et les autres cryptomonnaies de souffrir de plusieurs défauts.

Dans un rapport plus récent publié en septembre, la BRI avait averti que la coordination internationale était le seul moyen de réguler correctement le marché des cryptomonnaies, en raison de la nature mondiale de ce nouveau marché.

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