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Les procureurs accusent SBF d’avoir utilisé les fonds de ses clients pour des dons politiques de 100 millions $

Alors que le contexte global sur le marché crypto reste particulièrement tendu, le bureau du procureur des États-Unis a publié un nouvel acte d’accusation contre Sam Bankman-Fried, l’ancien directeur général de FTX. Cette nouvelle inculpation inclut notamment des allégations de violations de la loi sur le financement des campagnes électorales dans le cadre d’un système de fraude par voies électronique.

SBF inculpé pour avoir distribué 100 millions de dollars en provenance des fonds des clients de FTX

Dans un document déposé le 14 août auprès du tribunal fédéral du district sud de New York, le procureur Damian Williams a inculpé Sam Bankman-Fried, également connu sous le nom de “SBF” sur les réseaux sociaux, de sept chefs d’accusation presque identiques à ceux auxquels il avait été confronté à son arrivée aux États-Unis en provenance des Bahamas au cours du mois de décembre 2022.

Toutefois, à la suite d’une bataille juridique pendant laquelle l’équipe de défense de Sam Bankman-Fried a fait valoir qu’il ne devrait pas être accusé de violation des lois sur le financement des campagnes électorales, car cela ne figurait pas dans l’accord d’extradition, les procureurs ont déclaré qu’ils considéreraient le stratagème comme une preuve dans le cadre d’une accusation de fraude électronique.

Selon le nouvel acte d’accusation, le directeur déchu aurait détourné les dépôts des clients de la plateforme FTX à de multiples reprises, ce qui lui aurait permis d’utiliser plus de 100 millions de dollars pour contribuer aux campagnes électorales de plusieurs politiques de haut rang, à la fois dans le camp des démocrates et des républicains. À noter que selon certains observateurs, cette manoeuvre complexe aurait eu pour but principal d’influencer le cadre réglementaire sur le secteur crypto aux États-Unis.

Sam Bankman-Fried — Source : Twitter

D’après les procureurs, SBF a également dissimulé la source de ses contributions en les plaçant au nom de certains cadres de FTX, dont l’ancien directeur de l’ingénierie Nishad Singh. À ce sujet, il est souligné dans l’acte d’accusation du tribunal :

« En dirigeant les dons par l’intermédiaire de Nishad Singh et d’un autre cadre de FTX, Sam Bankman-Fried a pu échapper aux restrictions sur certains types de contributions politiques, et ainsi maximiser l’influence de sa plateforme. »

Avant l’effondrement de FTX en novembre 2022, SBF a déclaré qu’il avait prévu de donner entre 100 millions et 1 milliard de dollars à des campagnes politiques en vue d’influencer les élections de 2024. Il a donné plus de 5 millions de dollars à Joe Biden, alors candidat à la présidence, pour sa campagne de 2020 et a déclaré avoir été un donateur important pour les candidats démocrates et républicains. De manière additionnelle, le tribunal souligne et ajoute :

« L’ancien directeur a tiré parti de cette influence pour faire pression sur le Congrès et les organismes de réglementation afin qu’ils soutiennent la législation qui, selon lui, permettraient à FTX de continuer à accepter les dépôts de ses clients et à se développer, ce qui, à son tour, permettrait à son système de détournement de se poursuivre. »

Ce nouvel acte d’inculpation est le dernier en date des chefs d’accusation auxquels Sam Bankman-Fried doit faire face depuis son extradition vers les États-Unis en décembre 2022. L’ancien directeur de la plateforme FTX était jusqu’à récemment en liberté sous caution avant que le juge Lewis Kaplan ne le place en détention provisoire le 11 août, en raison de craintes concernant des tentatives présumées d’intimider ou d’influencer des témoins dans le cadre de ses affaires pénales. Ses deux procès devraient débuter en octobre 2023 et en mars 2024.

Source : Cointelegraph