Qu’est-ce que la SocialFi ? Rencontre avec Maxime Gay, fondateur de l’application Siborg

Yann-Olivier Bricombert
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Les réseaux sociaux décentralisés gagnent en popularité dans le web3, mais restent encore loin de l’adoption de masse.

Une croissance à venir similaire au boum de la DeFi de 2020 ?


Dans son dernier rapport, Binance Research citait la DeSoc (Decentralized Society, ou ces plateformes de réseaux sociaux décentralisés), aussi appelée SocialFi, comme l’une des thématiques à suivre absolument en 2024. Dans son rapport annuel “Crypto Theses”, Ryan Selkis, le patron de la société d’analyse du marché crypto Messari, ne disait pas autre chose, en estimant même la DeSoc comme le digne successeur du boum de “l’été de la DeFi” de 2020. “Les solutions de DeSoc ne sont plus seulement “sympa à avoir” mais sont essentielles à la liberté d’expression”, affirme le CEO de Messari.

SocialFi ou DeSoc : Qu’est-ce que c’est exactement ?


Mais qu’est-ce que la SocialFi au juste ? Dans la pratique, il faut revenir aux applications existantes pour mieux comprendre de quoi il s’agit. Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont centralisés, c’est-à-dire qu’ils appartiennent à des sociétés privées, qui conservent la propriété des données et des règles de diffusion.

“Avec la SocialFi, on permet à l’utilisateur de reprendre le pouvoir sur ses données, de manière décentralisée, résistante à la censure et sans permission”, explique Maxime Gay, le fondateur de Siborg, une application qui vise à indexer les contenus audio (Spaces Twitter) à la manière d’un Spotify, dans le but d’augmenter l’engagement des communautés web3, et améliorer la relation entre les créateurs et leurs fans.

Farcaster, FriendTech, Orb, Faver…


Construit sur le protocole Lens, le graphe social créé par le fondateur de la plateforme de prêt décentralisé Aave Stani Kulechov, Siborg a le soutien de Swissborg, où Maxime a fait ses armes. “Le problème actuellement, c’est que le contenu des Twitter Spaces n’est pas référencé.”

L’un des protocoles phares de la SocialFi, et qui a le vent en poupe en ce moment, c’est Farcaster, avec son application Warpcast. Elle permet grâce à ses “frames” d’intégrer des actions web3 directement dans les posts, ouvrant ainsi de “nouvelles opportunités de monétisation”, fait observer Maxime Gay. La portabilité des données est également possible, comme sur d’autres applications sociales de DeSoc comme Orb ou Faver.

“Je suis persuadé que la donnée restera la clé, son utilisation n’est pas mauvaise en soi, mais il faut pouvoir donner le choix aux personnes. Le web3 permet de passer d’étranger à un projet à cocréateur des contenus, c’est un vrai pas en avant”, ajoute Maxime Gay.

D’autres applications comme FriendTech ou Jam proposent de tokeniser sa communauté de fans, et de faire des paris sur les créateurs de contenus. FriendTech a déjà redistribué 50 millions de dollars de frais aux créateurs en 2023, devenant l’une des applications cryptos les plus lucratives.


Sources : Entretien, Siborg, Messari.


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